Article "Les Nuits Celtes"

Muzillac. 2.000
festivaliers allumés

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La tchatche de Mustapha, l'un des trois chanteurs de Zebda, a subjugué le public muzillacais, vendredi. (Photo Stéphane Bédard)

Plus de 2.000 festivaliers transcendés par le phénomène Zebda, enflammés par le rock-ska des Caméléons, emballés par les textes réalistes de Mézues, absorbés par l'univers Shaï No Shaï et attentifs au rock d'Armens. Les Nuits celtes s'affirment dans la ferveur alternative.

Flor del Fango, attendu hier soir en ouverture de Natacha Atlas, et du percussionniste vénézuélien Orlando Poléo, devait d'ailleurs relayer cet élan alternatif, qui, vendredi soir, a franchement réchauffé le cœur des festivaliers. La plupart de ses musiciens sont en effet issus de la Mano Negra, des Chihuahua et de Parabellum, groupes phares de la scène alternative des années 80.

Fibre festive
Les organisateurs des Nuits celtes ont la fibre militante et festive. Ils l'ont revendiquée cette année en proposant un premier plateau très haut en couleurs musicales, très riches en messages socio-politiques et humanistes. A constater la liesse et/ou le vif attachement provoqués par les prestations de l'une ou l'autre des formations invitées, on se dit qu'ils ont eu le nez fin. A commencer par l'époustouflant set du collectif toulousain Zebda, dont les textes engagés et intelligents et la fusion très spontanée ont fait parler la poudre. Une indicible tchatche, dépourvue de la tendance démago des Massilia Sound System, dont on a cru, à certains moments, qu'elle allait engendrer un raz-de-marée de festivaliers sur scène. Dommage que les protégés de Barclay n'aient livré qu'un seul titre de leur nouvel album, " Essence ordinaire ", annoncé mardi dans les gondoles. On n'oubliera pas non plus l'ironie grinçante mais séduisante de Mézues, la cristalline et frissonnante voix d'Olga Helm, la chanteuse de Shaï No Shaï, où les variations hispanisantes et agitées des Caméléons.

Bruno Salaün